Mgr Jean Bonfils (SMA) : Missionnaire, Évêque, Serviteur de l’Église


Mgr Jean Bonfils, SMA (1930-2026)
Missionnaire de la Société des Missions Africaines, Évêque de Viviers puis de Nice.
Enseignant, organisateur de formation missionnaire et serviteur de l’Église dans de nombreuses missions pastorales et ecclésiales.

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris mardi le décès de Mgr Jean Bonfils. Sa disparition marque le départ d’une personnalité hors du commun, tant au sein de l’Église de France que de notre propre congrégation missionnaire, la Société des Missions Africaines (SMA). Nous nous souvenons de lui avec gratitude et fraternité.

Ce souvenir s’inspire largement du témoignage du Supérieur général, le P. François du PENHOAT, peu après avoir appris le décès de Mgr Bonfils alors qu’il se trouvait à Lagos pour le Conseil Plénier 2026 de la SMA, dont le début est prévu le lundi 18 mai.

Le P. François du PENHOAT décrit Mgr Bonfils comme « une personnalité atypique », une figure singulière au sein de la Société. Entré dans la vie religieuse par un chemin peu conventionnel, Mgr Bonfils a eu une vocation tardive et n’a pas suivi l’année spirituelle habituelle. Fils d’un officier de l’armée, il était, selon le P. François du PENHOAT, un homme d’un grand sens de l’ordre et de la rigueur, tant envers lui-même qu’envers les autres.

Ces qualités ont fait de lui, selon les mots du P. François du PENHOAT, une figure particulièrement précieuse durant les années troubles qui ont suivi le Concile Vatican II. « En lui, on trouvait une figure qui gardait des certitudes quand tout était « relativisé » », a-t-il écrit.

Mgr Bonfils a également joué un rôle important dans l’organisation de la coopération entre les instituts missionnaires durant une période de transition difficile. Il a été l’un de ceux qui ont contribué à la création d’un consortium entre congrégations missionnaires afin de trouver de nouvelles voies pour la formation des futurs missionnaires.
Plus tard, il a occupé le poste de secrétaire des religieux en France et en Europe, laissant une empreinte profonde sur la vie des communautés religieuses.

Le P. François du PENHOAT se souvient d’avoir assisté à une assemblée des religieux européens à Madrid peu après que Mgr Bonfils eut quitté ses fonctions. L’organisation, dit-il, s’est sentie presque « orpheline » après le départ de celui qui l’avait guidée pendant de nombreuses années.

Tout au long de sa vie, Mgr Bonfils a servi l’Église de multiples manières : comme prêtre missionnaire, enseignant, organisateur de formation missionnaire, puis comme évêque à Viviers et à Nice. Il a également enseigné un temps au séminaire de Ouidah aux côtés d’une génération de missionnaires dévoués à la formation des futurs prêtres.

Le diocèse de Nice le décrit comme ayant « profondément marqué l’Église diocésaine par sa simplicité, sa proximité avec les fidèles, son esprit missionnaire et son attention au dialogue». Profondément attaché à l’esprit du Concile Vatican II, il a œuvré fidèlement à la proclamation de l’Évangile, au renforcement de la communion ecclésiale et à l’accueil des plus vulnérables.

Le diocèse souligne également qu’il a initié « Diocèse 2000 », une importante initiative pastorale visant à encourager un dynamisme missionnaire renouvelé et à renforcer la communion entre les paroisses, les mouvements et les communautés diocésaines à l’aube du nouveau millénaire.

Même dans ses dernières années, il est resté disponible pour servir chaque fois que l’Église lui faisait appel. Il a accepté des missions délicates pour aider des congrégations religieuses en difficulté et soutenir des diocèses confrontés à des défis particuliers. Au cours de ses dernières années, il a trouvé une grande joie à servir comme aumônier au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes.

Pour le P. François du PENHOAT, l’Église de France dans son ensemble a perdu une figure importante. De nombreux évêques à la retraite se souviendront de lui, a-t-il noté ; et s’il y a un fil conducteur dans la vie de Mgr Bonfils, c’est le service et la fidélité à l’Église.

Dans son hommage, le P. François du PENHOAT a également exprimé sa profonde gratitude envers ceux qui ont accompagné Mgr Bonfils durant les dernières années de sa vie : Mgr Jean-Philippe Nault, évêque de Nice, qui l’a accueilli et soutenu dans le diocèse ; les Petites Sœurs des Pauvres, dont la gentillesse et les soins dévoués ont été extraordinaires ; et le P. Roger, SMA, son confrère qui l’a fidèlement accompagné dans ses derniers jours.

« Il a donné. Il a reçu. Cela aussi, c’est l’Église », a conclu le P. François du PENHOAT.

Nous confions Mgr Bonfils au Seigneur qu’il a servi fidèlement tout au long de sa vie, et nous rendons grâce pour le don de sa vocation missionnaire et son service généreux à l’Église.

Qu’il repose dans la paix du Christ.

Brice Ulrich AFFERI

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