« On est quand même mieux quand on s’entend bien »


SMA et NDA célèbrent un triple jubilé à Lagos

Par Pierre-Paul Dossekpli

Lagos, Nigéria — 1er juin 2026. Dans un moment qui a réuni histoire, mission et renouveau, les responsables de la Société des Missions Africaines (SMA) et des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres (NDA) se sont réunis au Centre Domus Fidei des Sœurs du Cœur Eucharistique de Jésus à Lagos, pour célébrer un triple jubilé exceptionnel : 170 ans de la SMA, fondée par le Vénérable Melchior de Marion Brésillac ; 150 ans des NDA ; et 200 ans depuis la naissance du Père Augustin Planque — premier Supérieur général de la SMA et fondateur des NDA.

Les supérieures d’entités des NDA avaient rejoint les supérieurs de la SMA le 31 mai 2026, à la fin du conseil plénier de la SMA. L’arrivée des sœurs a donné le ton : chaleureuses bienvenues, rires et une atmosphère décrite par un participant comme la joie de frères et sœurs issus des mêmes parents.

Une journée ancrée dans la prière

La journée a commencé par une Lectio Divina animée par Sœur Anne Falola, membre du Conseil général des NDA. Articulée autour du thème Être ensemble… Marcher ensemble… Courir ensemble, la réflexion s’est appuyée sur trois moments scripturaires : être ensemble dans la foi et l’amitié avec le Seigneur (Jn 1,39 ; Mc 3,14 ; Ac 2,42–47) ; marcher ensemble dans le discernement et la confiance (Lc 24,13–35 ; Mc 6,7) ; courir ensemble dans l’amour et l’espérance vers le Seigneur ressuscité (Jn 20,1–11).

Sœur Falola a proposé une réflexion qui a résonné tout au long de la journée : se retrouver ensemble n’est pas seulement au service de la mission — c’est en soi une mission.

Deux voix, un seul charisme

Les discours d’ouverture ont mis en présence les deux responsables des deux institutions. Le Père François du Penhoat, Supérieur général de la SMA, a ouvert la rencontre par une réflexion sur la longue et complexe histoire commune des deux congrégations, la comparant à un vieux couple qui a traversé des temps d’amour intense et de séparation, et qui se retrouve en disant : « on est quand même mieux quand on s’entend bien ».

Il a affirmé avec conviction que cette rencontre n’était pas née de la nécessité, mais du désir : « J’ai la ferme conviction que cette rencontre est aussi l’ouverture d’une étape nouvelle. Ce n’est pas la nécessité qui l’impose, c’est notre désir et notre volonté ! »

S’inspirant de la parabole du Fils prodigue, il a encadré ce retour avec une nuance particulière : « Nous voulons retourner vers toi, notre Père, mais nous voulons faire le voyage ensemble, NDA et SMA. »

Il a ancré leur identité commune dans l’histoire et le sacrifice : « Être missionnaire, c’est ce qui fait notre identité commune : les cimetières communs de Lagos, Ibadan, Agoué et autres lieux de la Côte en sont la manifestation physique : des vies données ensemble pour que le Royaume de Dieu grandisse. »

Sœur Mary T. Barron, Mère générale des NDA, a accueilli l’assemblée en soulignant la signification du triple jubilé : « Ces anniversaires ne sont pas de simples jalons ; ce sont des invitations. Ils nous rappellent que la mission est toujours un don reçu, une responsabilité partagée et un avenir qui nous est confié. »

Elle a évoqué la dernière rencontre similaire tenue à Accra en janvier 2016 et a raconté la désormais célèbre histoire du bus tombé en panne lors d’une sortie — s’arrêtant précisément devant un panneau portant l’inscription Collaboration that profits (une collaboration qui profite). « Nous avons ri sur le moment, a-t-elle dit, mais le message est resté avec nous. Il parle encore aujourd’hui. Une collaboration qui profite — pas au sens commercial, mais au sens évangélique : une collaboration qui porte du fruit, qui renforce la communion, qui élargit le cœur pour la mission. »

Elle a été directe sur ce que la collaboration signifie dans le contexte de la mission : « Ce n’est pas simplement quelque chose de bien à faire, ou d’agréable… c’est une partie de notre appel à la mission aujourd’hui… pour l’authenticité de notre mission, de notre témoignage, de notre évangélisation. »

La mission partagée à travers les continents

Le reste de la matinée a été consacré aux présentations de différentes entités, chacune partageant comment la SMA et les NDA collaborent sur le terrain. Ces échanges ont brossé le portrait d’un charisme commun décliné à travers des cultures et des contextes variés — de l’Afrique de l’Ouest et au-delà.

Une première journée prometteuse

En fin de journée, Sœur Rita Dung, Supérieure de l’entité NDA pour la Tanzanie, a partagé ses impressions avec les médias SMA : « Aujourd’hui a été une journée très porteuse d’espoir pour moi, dans le sens où j’ai réalisé que les défis auxquels font face les SMA sont presque les mêmes que ceux que nous affrontons également, et dans cette salle, j’ai trouvé une vraie énergie pour la collaboration. Les gens sont prêts à collaborer. »

Providentiellement, la journée s’est conclue par la célébration de l’Eucharistie en la fête de saint Justin — un martyr qui a donné sa vie pour la vérité de l’Évangile, patron providentiel d’une rencontre de missionnaires renouvelant leur engagement commun à le proclamer.

La rencontre du triple jubilé à Lagos marque plus qu’un anniversaire. Comme l’a relevé le Père du Penhoat, imaginant le P. Planque au ciel : « J’imagine le P. Planque, au ciel, allant trouver Brésillac et disant : ‘Ils sont réunis ensemble à Lagos, c’est magnifique ! Quel beau cadeau d’anniversaire !’ »

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