Unis pour la mission


L’esprit du Conseil plénier SMA, Lagos 2026

Par Pierre-Paul Dossekpli

Ce vendredi 29 mai 2026, le Conseil plénier de la Société des Missions Africaines s’est achevé à Lagos, au Nigeria. Pendant plusieurs jours, des membres venus des quatre coins du monde se sont réunis pour réfléchir ensemble à l’avenir de la société et de sa mission. À l’heure de la clôture, SMA Médias a recueilli les impressions de quatre responsables. De leurs mots se dégage un même souffle : fraternité, espérance et confiance en l’avenir.

Une rencontre de frères avant tout

Pour le P. François du Penhoat, Supérieur général de la SMA, chaque Conseil plénier porte une marque particulière. Mais celui-ci l’a confirmé dans une conviction profonde :

« On peut voir que tous les conseils pléniers, c’est le plus fraternel. Il y a une bonne ambiance, et on peut soulever des problèmes dans une bonne ambiance. »

Ce n’est pas une fraternité de façade. C’est une fraternité qui permet de dire les choses difficiles sans briser le lien. Le P. Didier Lawson, Conseiller général, en donne une image saisissante à travers le processus de vote :

« C’est une rencontre entre des frères. Ils partagent le même sacerdoce, le même charisme, ils font partie d’une même communion. S’il arrive un moment de vote — on vient de voter pour le Tchad, il y a eu des non, il y a eu des oui — mais les non vont rentrer maintenant au nom de la fraternité, pour le bien commun, dans le oui. Pour que tout soit un oui, c’est ça qui est important. »

Ce passage du « non » au « oui » — non par capitulation, mais par amour du bien commun — est peut-être l’image la plus forte de ce que le Conseil a produit.

Prendre soin les uns des autres

Le P. James Shimbala, Conseiller général, a travaillé au sein de l’équipe chargée de la spiritualité et du soin des personnes. Son espérance au sortir du Conseil est simple et exigeante à la fois :

« Mon espérance, c’est que nous puissions continuer à faire bien pour le soin des uns et des autres. Je crois beaucoup que chaque individu prend la responsabilité de son propre soin et de celui de ses confrères. »

Une mission qui ne prend pas soin de ses membres finit par s’essouffler. Le Conseil a pris cela au sérieux — et le P. James espère que cette conscience se répandra là où elle n’est pas encore pleinement ancrée.

Une spiritualité ancrée dans le quotidien

Le P. Jean Paul Kpatcha, Supérieur provincial de la SMA au Togo, a lui aussi travaillé dans l’équipe de spiritualité. Ce qui l’habite au moment de la clôture, c’est la conviction que la spiritualité ne peut rester une abstraction :

« Je veux réinsister sur la notion de cette spiritualité dans sa praticalité, et dans le quotidien de nos activités missionnaires. C’est ce qui fait ma joie : voir que nous sommes conscients — cette génération des aînés et des jeunes — qu’il y a cette joie de rester liés à Dieu. »

C’est cela, la spiritualité missionnaire : non pas une pratique parmi d’autres, mais une manière d’être — donnée et partagée.

Confiance dans l’avenir

C’est au Supérieur général que revient le dernier mot — et ce mot est une invitation. Dans un monde traversé par les crises, les divisions et les incertitudes, le P. François du Penhoat choisit la confiance :

« Pour moi, c’est la confiance dans l’avenir. On est dans un moment difficile dans le monde. Mais je crois que si on est unis, on peut traverser ça, et on peut aider. On peut être un motif de paix ou un lieu de paix pour le monde. »

Un lieu de paix pour le monde. C’est peut-être la plus belle définition de ce que la SMA est appelée à être — non pas malgré les difficultés, mais à travers elles.


Entretiens réalisés le 29 mai 2026, à l’issue du Conseil plénier SMA, Lagos.
P. François du Penhoat — Supérieur général, SMA  |  P. Didier Lawson — Conseiller général
P. James Shimbala — Conseiller général  |  P. Jean Paul Kpatcha — Provincial SMA du Togo

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