Avant le Début du Conseil Plénier, Visite aux Racines


« Un arbre sans racines ne peut résister à la tempête. »

C’est une vérité que la SMA connaît bien. Et peu de jours avant le Conseil Plénier 2026, le Supérieur Général, le P. François du PENHOAT, et le Supérieur Provincial du Nigeria, le P. Emmanuel DIM ont choisi d’aller à la racine, au sens propre du terme.

Avant le début des assises, avant même que l’ordre du jour ne soit établi et que les décisions ne soient prises, ils se sont rendus à « Topo Island », où reposent certains des premiers missionnaires SMA et des Sœurs NDA, des hommes et des femmes qui ont tout donné pour implanter l’Évangile sur cette terre. Ce n’était pas un détour protocolaire, mais un acte délibéré de recueillement, de gratitude et de confiance.

Dans de nombreuses traditions africaines, aucune entreprise importante ne commence sans un hommage aux ancêtres, ceux qui ont parcouru le chemin avant nous, dont les vies ont façonné le terreau sur lequel nous nous tenons aujourd’hui. C’est précisément ce qui s’est passé à « Topo Island ». Avant même que le premier participant ne prenne place dans la salle où se déroulera le Conseil lundi, la rencontre a d’abord été confiée à ceux qui ne peuvent plus parler, mais dont le témoignage demeure toujours éloquent.

Au pied des tombeaux, à « Topo Island », le Supérieur Général a confié ce Conseil Plénier : ses délibérations, ses décisions, ses conclusions, à la mémoire et à l’exemple de ces premiers missionnaires.

Le Supérieur provincial du Nigéria a fait écho à ce même esprit, confiant la rencontre comme on confierait un voyage à un ancien de confiance : non par superstition, mais par profond respect pour une tradition vivante.

Le Supérieur général a également pris le temps de préciser ce que ces tombes représentent : sacrifice. Ces hommes ont quitté leur terre natale, traversé les océans et, beaucoup d’entre eux n’y sont jamais retournés. Ils ont sacrifié leur confort, leurs années et, finalement, leur vie à une mission qui n’était pas encore achevée, et qui ne l’est toujours pas. Leurs tombes à « Topo Island » ne sont pas des monuments érigés en hommage au passé. Elles nous rappellent que la mission a toujours eu un prix.

Et ce prix, a noté le Supérieur général, n’appartient pas seulement à un autre siècle. Il appartient aussi au nôtre. La mission, a-t-il souligné, a toujours été sacrifice. La forme de ce sacrifice peut changer avec le temps, mais chaque génération est appelée à donner quelque chose d’elle-même pour que la mission puisse continuer à se développer et à toucher de nouvelles personnes.

Les visages autour de la table du Conseil lundi seront différents. Les langues, les défis, les pays seront différents. Mais l’appel reste le même : donner quelque chose de nous-mêmes pour une mission qui nous dépasse. Le sacrifice prend aujourd’hui une forme différente, dans les choix effectués, les priorités fixées, la générosité exigée de chaque Entité et de chaque personne, mais il n’en est pas moins réel.

Il y a quelque chose de discrètement profond dans le fait qu’avant l’ouverture officielle du Conseil plénier 2026, le Supérieur Général et le Supérieur Provincial du Nigeria aient choisi de se recueillir devant ces tombeaux à « Topo Island », non pas pour prononcer des discours ou participer à des séances formelles, mais dans le silence et la prière.

C’était un geste personnel, pas une cérémonie. Et pourtant, cela donne le ton. Cela montre que ce qui va se passer pendant le Conseil Plénier n’est pas simplement institutionnel. C’est spirituel. C’est historique. Cela s’inscrit dans une longue lignée d’hommes et de femmes qui ont choisi, à leur époque et à leur manière, de se consacrer à une cause noble.

Il est vrai que certains de nos premiers missionnaires reposent à « Topo Island ». Et, il est encore plus vrai que la mission qu’ils ont entreprise se poursuit, et lundi, la Société se réunit une nouvelle fois pour décider comment ces racines continueront à se développer.

Brice Ulrich AFFERI

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