17 ans de sacerdoce : la force du silence, la tendresse du Christ


Fr. Dominic Wabwireh at the Basillica of Our Lady of Fourvière in Lyon, January 31, 2025.
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En ce jour où l’Évangile selon saint Matthieu nous présente le Christ comme le serviteur doux et humble, mon cœur de prêtre est touché par ces paroles :
« Le roseau froissé, il ne le brisera pas ; la mèche qui faiblit, il ne l’éteindra pas. »
Jésus est puissant, mais silencieux. Présent, mais discret. Il ne force personne, et pourtant : « Beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. »

Aujourd’hui, alors que je rends grâce pour mes 17 ans de sacerdoce, je comprends un peu mieux cette attitude du Christ. Le prêtre est appelé, comme Lui, à porter sans écraser, à consoler sans bruit, à guérir sans bruit. À être un signe. Pas un héros. Pas une image. Mais simplement une présence.

17 ans, c’est un chemin. Un chemin exigeant, un chemin fait de joies, de croix, de rencontres et parfois de solitudes. Ce n’est pas une promenade. C’est un « paquet », avec ses jours lumineux et ses soirs de fatigue. Mais dans ce « paquet », Dieu reste fidèle. Et c’est là que je rends grâce.

Je rends grâce pour ma famille, pour mes frères prêtres, pour les religieuses, pour vous, laïcs engagés ou simples chercheurs de Dieu. Je rends grâce pour ceux qui m’ont posé, au bon moment, cette question qui vaut de l’or :
« Dominic, comment vas-tu ? Es-tu heureux ? »
Pas : « Comment va ton ministère ? » mais : « Comment vas-tu, toi, dans ton cœur ? »

Car oui, le sacerdoce peut être une aventure solitaire. Vivre en communauté ne garantit pas de ne pas être seul. Mais je rends grâce pour ces petites attentions discrètes : un regard, une main posée sur l’épaule, une prière silencieuse au fond d’une chapelle. Ce sont ces gestes qui m’ont permis d’avancer, jour après jour.

Comme dans l’Évangile, Jésus connaît les refus, les complots, les blessures. Mais Il ne se ferme pas. Il continue d’aimer. C’est le prêtre que je désire être : pas un homme de bruit ou d’apparence, mais un homme de présence.

Aujourd’hui, je remercie Dieu pour cette communauté qui est devenue ma famille depuis six ans. Je Le remercie pour l’aujourd’hui. Pour demain ? Je ne sais pas. J’apprends, petit à petit, à vivre un jour à la fois. Mais je vous demande une seule chose :
Priez avec moi. Priez pour moi.

Et je pense à cette image, gravée dans mon cœur, qui me suit depuis l’enfance :
Celle de mon propre petit frère. Un jour, il me portait sur son dos. Quelqu’un lui a demandé :
« Ce n’est pas trop lourd ? »
Et il a répondu, avec cette simplicité qui enseigne plus que bien des discours :
« Ce n’est pas un poids, c’est mon frère. »

Alors, oui, que le Seigneur fasse de moi, et de nous tous, des porteurs de vie, capables de porter nos frères non par devoir, mais par amour. Non comme un poids, mais comme une grâce.

Frères et sœurs, je vous pose aujourd’hui cette question simple :
Pas “Comment vas-tu dans ton rôle ?” mais : Comment vas-tu, toi, dans ton cœur ?

Alors, marchons ensemble.
Suivons-Le ensemble.
Et Il nous guérira tous.

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