La migration, un problème ancien et toujours d’actualité


La migration, un problème ancien et toujours d’actualité
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Le 8 décembre prochain nous célébrons le 160° anniversaire de l’offrande que Mgr de Marion Brésillac, avec ses premiers compagnons, ont fait de la naissante Société à la Vierge de Fourvière à Lyon. le nouveau secrétaire général, le P. Sylvère Atta, nous aide à rendre grâce et à méditer cet acte de naissance. Il nous a fait réfléchir sur un aspect très actuel de notre mission aujourd’hui et partant comment on peut aussi renouveler le charisme de notre Fondateur.

 

Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je te parle, car Hérode va rechercher le petit enfant pour le faire mourir. (Mt 2,13)

sylverUne analyse contextuelle de ce passage dans l’évangile de l’enfance de Notre Seigneur Jésus-Christ, assimile la fuite de la Sainte Famille en Egypte à un temps d’exil. Le nourrisson Jésus, avec ses parents ont fait l’expérience de la migration avec ses contraintes et ses peines. Pouvons-nous voir dans le mouvement migratoire de masse actuel, une opportunité messianique, un signe prophétique ? Pour nous missionnaires, fils de Brésillac et de Planque au service des démunis et des plus pauvres, quelle lecture inspirée du fondateur faisons-nous de la migration ?

Il serait peut-être erroné de dire que notre cher fondateur Mgr de Marion Brésillac qui a vécu de 1813 à 1859, seulement 46 ans du siècle passé (XIXe) ait été confronté au problème de la migration tel que nous le constatons aujourd’hui. Nous pouvons nous persuader que s’il avait été témoin dece phénomène qui demeure une blessure pour l’humanité et qui, pour la conscience humaine est intolérable, susciterait l’indignation et une réaction proportionnelle de l’évêque des missions. D’ailleurs, lui-même prêtre Français en mission en Inde, donc un expatrié, ne s’est-il pas déjà, de son temps, frotté à la réalité de l’intégration qu’exige le vivre ailleurs que chez soi ?

L’histoire de sa vie nous dit qu’il passa une bonne partie de son séjour en Inde, d’abord comme vicaire puis recteur du séminaire et ensuite comme évêque, à combattre l’injustice sous ses différentes formes, à décrier tout ce qui rabaisse l’homme dans sa dignité d’enfant de Dieu puis à rétablir la justice. Mgr de Brésillac a toujours été affecté par les souffrances humaines fussent-elles physiques, morales ou spirituelles. Pour lui, tout ce qui est dégradant, peu importe celui qui en fait les frais, ne mérite pas d’être encouragé mais combattu avec la force de la prière et de la persuasion.

C’est dans cet élan missionnaire profondément marqué par la spiritualité marioniste, spiritualité de la promptitude et du pragmatisme que la maison générale SMA à Rome héberge depuis l’an dernier deux migrants d’origine africaine, nombre qui a été revu à la hausse, ce mois d’octobre avec l’arrivée de deux autres faisant suite à l’appel solennel du Pape François en faveur des migrants. En effet, dans un appel adressé à la Communauté humaine, le Pape François, sur la question des migrations a, non seulement recommandé d’avoir un regard nouveau mais aussi, en signe de solidarité à l’humanité souffrante, invité l’Occident à accueillir les migrants dans les maisons et les familles. Il a dans cet appel insisté sur l’importance du face à face direct avec eux pour dompter la peur ressentie par beaucoup envers eux. Il explique qu’ en théorie, on ne peut pas fermer son cœur à un réfugié.

La Communauté Via della Nocetta s’est appropriée cet appel et s’est rendu solidaire et disponible à l’accueil du frère venu d’ailleurs . Accepter l’autre dans sa différence raciale, culturelle et religieuse… est en même temps une nécessité mais aussi un défi qu’il faut cependant oser. Les raisons du phénomène migratoire vieux comme le monde sont multiples : la quête du bien-être, la fuite des espaces de conflits armés, la détresse économique, ou juste une aventure ambiguë à la poursuite d’un rêve pour ne citer que ceux-là. Aujourd’hui il a atteint des proportions inimaginables et incontrôlées. Confronté à ce phénomène, les pays d’accueil étalent leur malaise face au débordement de la situation. Cela conforte à tort ou à raison leur refus de recevoir toute la misère du monde . Cependant des appels sont lancés pour exciter la fibre philanthropique afin d’agir. Notre monde se trouve au carrefour de l’histoire ou d’un côté il y a un tiers-monde qui git dans des situations abyssales de pauvreté et de désespoir et de l’autre une société qui offre le mirage d’une vie paradisiaque.

Il est vrai que la peur de l’autre, de l’étranger fragilise la bonne volonté et plombe même le sursaut religieux. Cependant il y a urgence et il faut agir maintenant ; c’est une tragédie et elle ne peut et ne doit perdurer. D’aucuns proposent de traiter le problème à la racine. Mais comment résoudre cet épineux problème sans repenser l’humanité tout entière. Envisager circonscrire ce phénomène sans retourner au projet du créateur serait une entreprise vaine.

Que faire ?

A ce sujet Brésillac nous dit d’une voix pragmatique qu’il « ne tient pas à tel ou à tel moyen en particulier, pourvu qu’on en prenne qui ne soient pas illusoires.» (Lettre à M. Jean Tesson, directeur au Séminaire de Paris. Coimbatore, le 1er novembre 1853 ; LE, 0620. P. 360). L’humanité en quelques lieux qu’on soit, n’a-t-elle pas le devoir d’accueil ? En Mt 25, 34-36 le Christ fait du dépassement de soi vers et pour l’autre la condition sine qua none d’accès à la vie éternelle. Mgr de Brésillac avait fait siennes ces paroles du Christ, de l’accueil de l’autre une priorité au point d’aller à sa rencontre et d’accepter le martyr pour le salut des âmes.

L’occasion est fortuite en ce 160e anniversaire de l’existence de l’œuvre de féliciter, en plus des pays et les ONG, les institutions religieuses et partant les démembrements de la SMA et autres associations qui se tiennent aux cotés des migrants.

Heureux êtes-vous migrants, morts en chemin, le Royaume des cieux vous sera ouvert, et là vous trouverez une terre d’accueil, ou il n’y a ni Juifs ni Grecs, ni Turques, ni Syriens, ni Africains, ni hommes libres, ni esclaves, ni riches, ni pauvres mais les bras miséricordieux de Dieu pour vous conforter.

 

Sylvère Atta, sma

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