La SMA en Angleterre : en bonne santé, en quête de son souffle missionnaire


Au terme de sa visite canonique en Grande-Bretagne, le P. François du Penhoat, Supérieur Général, partage ses impressions : une ambiance fraternelle, des maisons bien tenues, des évêques accueillants. Il y voit aussi une invitation à faire de la créativité missionnaire le fil conducteur des années à venir.

Par Pierre-Paul Anani Dossekpli

Au lendemain des célébrations du centenaire de Dromantine, en Irlande, le Supérieur Général a consacré une quinzaine de jours, fin septembre 2026, à la rencontre des confrères et des évêques de la Province d’Angleterre. Cette visite canonique répond à l’article 83.3 des Constitutions et Lois, qui demande au Supérieur Général et à son Conseil de s’assurer que « chaque Entité de la Société, ainsi que chaque juridiction où travaillent des membres, soit visitée au moins une fois pendant la durée de leur mandat ». Élu à l’Assemblée Générale de 2025 (AG2025), il y a trouvé l’occasion de connaître les confrères et d’apprécier leur travail. « Ça fait plaisir de voir des confrères qui se donnent à leur mission », confie-t-il.

Une fraternité visible

Il affirme avoir été frappé par l’ambiance : « fraternelle », faite de collaboration, avec la conscience d’être un groupe à taille humaine. Aux côtés des confrères britanniques, des missionnaires originaires de Centrafrique, du Ghana, de l’Inde, d’Irlande, de la République Démocratique du Congo et de la Zambie servent dans la province : une internationalité vécue au quotidien. La province a aussi mené un effort de réorganisation de ses maisons : trois maisons SMA, bien tenues et en bon état. Elle reste enfin l’une des principales contributrices financières de la Société, prête à poursuivre. L’AG 2025 a d’ailleurs remercié les anciennes Entités pour « leurs contributions et leurs soutiens de toujours » (AG2025, n.31).

Dans l’ensemble, le Supérieur Général de la SMA estime que la province « donne l’impression d’être en bonne santé » et qu’elle peut continuer à contribuer à la vie de toute la SMA.

Des évêques simples et fraternels

Entre autres, le Père du Penhoat a rencontré les archevêques de Westminster et de Salford. Il retient leur simplicité et leur fraternité : « on était d’égal à égal », dit-il, dans un échange très libre. Selon son observation, les deux évêques sont ouverts à la présence de la SMA et souhaitent qu’elle s’inscrive dans la durée. Ce souhait rejoint les orientations de l’Assemblée : les Supérieurs veillent à ce que les membres incorporés dans une Entité restent en mission au moins six ans, sauf cas exceptionnels, « pour le bien de l’Entité, du diocèse et de la mission » (AG2025, n.48), et le discours de clôture invite à « durer plus en mission pour pouvoir apporter davantage notre spécificité missionnaire ».

Une terre d’envoi

Parlant de missionnaires, il faut rappeler que l’Angleterre, dans son histoire, a été un pays d’envoi. Pour citer quelques exemples, au VIIIe siècle, saint Boniface (675 – 754), originaire du Wessex, devient l’apôtre de l’Allemagne. Des moines et des moniales venus d’Angleterre le rejoignent, et il fonde à Amöneburg un centre missionnaire pour former un clergé local.

En 1579, le jésuite Thomas Stephens, né dans le Wiltshire, débarque à Goa. Il compose le Kristapurana, récit biblique en vers marathi-konkani, dans la langue et les formes poétiques de ses auditeurs, et publie le premier livre imprimé en konkani.

En 1866, Herbert Vaughan fonde à Mill Hill la première société missionnaire catholique créée en Angleterre. En 1960, elle compte 1 200 missionnaires répartis sur quatre continents.

Il faut ajouter que, jusqu’à ce jour, des membres de la SMA originaires de Grande-Bretagne sont en mission : le P. Gareth Jenkins, membre de la Société depuis 1971, au Liberia, et le P. Patrick N. McGuire, membre depuis 1986, à Zuni Pueblo, au Nouveau-Mexique (États-Unis).

Inventer de nouvelles manières de vivre la mission

C’est dans cet héritage que s’inscrit la réflexion du Supérieur Général. Les paroisses sont servies avec soin, dans une pastorale traditionnelle. Il y voit une base solide pour aller plus loin : « Nous, on est missionnaires », rappelle-t-il, et cette identité vaut partout où nous sommes. Le « comment » reste à inventer, et il le dit tourné vers l’avenir : c’est un défi pour toute la SMA aujourd’hui.

En effet, selon l’AG2025 « Nous devons inventer de nouvelles manières de vivre la Mission », en étant « attentifs aux gens, spécialement à ceux qui ne croient pas ou aux plus abandonnés […] c’est notre ADN ». Elle propose de faire de nos paroisses, groupes, amis et familles des « communautés de disciples missionnaires » (AG2025, n.73). Le P. du Penhoat suggère qu’il faut aider les chrétiens, déjà insérés dans le monde, à devenir des témoins et à faire de chaque communauté une communauté missionnaire. Pour lui, les prêtres y ont un rôle d’accompagnement, en complément de celui des laïcs.

L’AG2025 donne un cadre concret pour accompagner cette réflexion (AG2025, n.71 et 79) : chaque Entité examine son engagement missionnaire pour développer de nouvelles méthodes, en dialogue avec l’Église locale, puis en rend compte au Conseil Plénier de mi-mandat (en 2028).

Approfondir la fraternité

Avec des confrères de cultures différentes, la province vit au quotidien ce que l’Assemblée Générale appelle « l’unité dans la diversité ». Sa conclusion tient en une invitation : approfondir la fraternité. L’Assemblée Générale y encourage à « prier, manger et se détendre ensemble » (AG2025, n.87). C’est sur cette base que la province pourra faire grandir son souffle missionnaire, à la suite de Boniface, de Stephens et des missionnaires de Mill Hill.

Photo: Le P. Samuel Agbeme, SMA, Supérieur provincial de Grande-Bretagne, lors d’une célébration eucharistique pendant le Conseil Plénier 2026. (Photo : Archives SMA Media Center)

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