Pour le Père Selvaraj Melkie, étudiant en doctorat de missiologie à l’Université Catholique de Lyon, le voyage en France a été une aventure de croissance spirituelle, d’adaptation culturelle et de rencontres profondes avec la Société des Missions Africaines (SMA). Originaire de l’Inde et membre de la congrégation des MSFS (Missionnaires de Saint François de Sales), l’histoire du Père Melkie témoigne de la puissance de la foi, de la communauté et de l’appel universel à la mission.
« C’était le 13 octobre 2023, quand je suis arrivé à MIM-Lyon », se souvient le Père Melkie avec un sourire. « Je ne savais pas ce que signifiait l’acronyme de trois lettres : Maison Internationale Missionnaire. » Ce qui a suivi fut un accueil chaleureux qui a donné le ton à son séjour. « Je ne me suis pas senti étranger tout de suite, car j’avais déjà vécu avec la communauté africaine au Mozambique. C’était en fait un heureux retour à la maison, car il y avait de nombreux prêtres africains. De plus, j’ai aussi rencontré un prêtre indien. »
Mais cette facilité initiale a rapidement laissé place aux défis de l’adaptation à une nouvelle culture et à un nouvel environnement. « Tout s’est bien passé le premier jour, mais à partir du deuxième jour, les choses ont commencé à changer pour moi. Je me suis senti isolé et plus nostalgique », avoue-t-il. Pourtant, c’est la chaleur et la cordialité inébranlables des confrères SMA qui l’ont aidé à traverser cette transition. « La SMA n’était pas une congrégation inconnue pour moi, car j’avais déjà croisé quelques prêtres en Inde. Mais c’était une idée plutôt périphérique. »
Les premiers jours du Père Melkie ont été marqués par une observation silencieuse et une intégration progressive. « Au début, je m’éclipsais souvent après les repas et les prières. Bien qu’ils le sachent, aucun des SMA ne m’a réprimandé. Au contraire, ils m’ont laissé le temps de m’habituer au contexte, à la situation, à la nouvelle culture et au nouveau lieu », partage-t-il. Cette approche patiente et compréhensive l’a profondément marqué. « Je parlais peu et je me montrais peu dans la communauté, mais chaque fois que j’étais présent, personne ne me laissait me sentir étranger. Ils s’enquéraient de moi ; ils posaient de petites questions et me faisaient participer à leur manière, aussi modestement que possible. Et les choses ont commencé à aller mieux pour moi, jour après jour. »
La curiosité a poussé le Père Melkie à explorer davantage la mission et le charisme de la SMA. Il est tombé sur un passage de leur constitution qui a profondément résonné avec son expérience : « Motivés par l’Évangile du Christ et fidèles au charisme de notre Fondateur dans la mission qui nous est confiée, nous témoignons prophétiquement de l’amour compatissant de Dieu pour le monde (cf. Jean 3,16). Attentifs aux signes des temps en constante évolution, et dans un esprit d’ouverture et de dialogue, nous coopérons avec les Églises locales et avec tous ceux qui partagent nos objectifs. Nous travaillons principalement parmi les Africains et les personnes d’origine africaine, et nous nous engageons dans un ministère de service et d’autonomisation. »
Pour le Père Melkie, ce texte résume l’essence de la mission de la SMA. « Être motivé par l’Évangile du Christ : l’Évangile du Christ n’est rien d’autre qu’un message d’amour pour tous, et la SMA ne fait pas exception à cet égard », réfléchit-il. « À mon avis, le facteur motivant de toutes leurs activités est le même amour prêché et enseigné par le Christ. Ce motif se retrouve dans toutes les activités, du matin jusqu’au soir. »
Il met en avant l’attention de la SMA aux signes des temps, leur esprit d’ouverture et leur engagement envers le service d’autres. « Lire les signes des temps et répondre aux besoins des gens est l’une des devises de toute congrégation missionnaire », note-t-il. « Le simple fait d’avoir plusieurs prêtres autochtones et d’investir dans des terres étrangères pour la moisson missionnaire, malgré le fait que de nombreuses congrégations religieuses ferment en raison du manque de vocations, est une marque distinctive de la SMA. »
Le Père Melkie parle également de l’esprit de dialogue et de communauté de la SMA. « L’accueil des confrères quand quelqu’un arrive à MIM est extraordinaire », dit-il. « Le nombre de personnes qui entrent et sortent est si important qu’un dialogue s’établit naturellement. Les repas du weekend sont uniques en leur genre. »
Mais ce qui ressort le plus pour le Père Melkie, c’est l’engagement de la SMA envers le service et l’autonomisation. « La mentalité d’entraide est largement visible dans la vie quotidienne de la SMA », observe-t-il. « Presque tous les confrères, qu’ils soient seniors, juniors ou d’âge moyen, sont toujours prêts à s’entraider. » Que ce soit en conduisant quelqu’un à l’aéroport ou en aidant les étudiants à perfectionner leurs compétences linguistiques, les actes de solidarité de la SMA sont un témoignage vivant de leur mission.
Aux yeux du Père Melkie, la SMA incarne l’essence des célèbres paroles de saint François d’Assise : « Prêche toujours, et si nécessaire, utilise des mots. » « Ils vivent ce qu’ils prêchent et prêchent ce qu’ils vivent », dit-il. « C’est la vie de témoignage que la SMA mène en Afrique, en Asie et en Europe. »
Alors que le Père Melkie poursuit ses études doctorales et son chemin avec la SMA, son histoire rappelle le pouvoir transformateur de la foi, de la communauté et de la mission. Au cœur de Lyon, entre les défis d’une nouvelle culture et la chaleur d’une communauté accueillante, il a trouvé non seulement un lieu d’étude, mais aussi un foyer pour grandir dans sa vocation.







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