Le 27 Octobre est la journée que nous avons choisie pour célébrer, prier et réflechir sur les exigences du dialogue dans notre apostolat. Cette année, j’ai demandé à Isa Saliu, un prêtre du diocèse de Kontagora au Nigeria, étudiant à PISAI (Pontificio Istituto di Studi Arabi e d’Islamistica) et résidant à la Nocetta de nous faire une réflexion sur l’urgence du dialogue interreligieux aujourd’hui et les raison pour lesquelles nous devons entrer en dialogue avec d’autres religions.
Chers amis, ne laissons pas passer cette journée du 27 octobre 2016, sans poser une action concrète (si petite soit-elle) dans les missions ou communautés où nous sommes servons, pour marquer cette dimension importante du dialogue dans notre ministère.
Au sujet du thème du dialogue interreligieux, il y a les optimistes et les pessimistes. Pour expliquer leur scepticisme à propos du dialogue interreligieux, les pessimistes soulignent que, pour eux, les obstacles semblent insurmontables.
Par exemple, ils se demandent si un véritable dialogue peut avoir lieu entre deux personnes, chacune prétendant que sa religion est l’expression la plus authentique et définitive de la révélation divine. Ils concluent que, en raison des différences doctrinales inconciliables, ces personnes ne peuvent jamais arriver à des accords bénéfiques. Par conséquent, ils écartent la possibilité que le dialogue interreligieux puisse baliser le chemin vers une compréhension mutuelle entre les adeptes des grandes religions du monde.
Les promoteurs du dialogue interreligieux ont une perspective différente sur la question. Ils sont optimistes que le dialogue interreligieux déjà en cours, quoique sous forme embryonnaire, a un immense potentiel de croissance et de création de sociétés où l’on peut trouver de « bons Samaritains ». Le terrorisme religieux, pour la plupart du temps occasionné par les politiques socio-économiques déficientes, est souvent légitimé avec des interprétations déformées des écritures saintes. Sans exclure d’autres moyens possibles de corriger ces distorsions par lesquelles d’actes horribles contre l’humanité sont commis, on peut affirmer que le dialogue interreligieux est une plate-forme indispensable.
Supposons que, dans le passé, les habitants du monde aient vécu comme des entités distinctes selon leur pays, leur race et la religion. Aujourd’hui, ces limites ont cédé la place à des communautés hétérogènes où divers peuples vivent côte à côte. Ce nouveau mode de vie dans lequel les gens puisent de l’eau de la même fontaine, font leurs courses dans les mêmes supermarchés, fréquentent les mêmes établissements d’enseignement, sont affectés par les mêmes conditions météorologiques, et ainsi de suite et de suite, exige que les voisins s’engagent résolument et quotidiennement sur le chemin communément appelé : «vivre dans le dialogue».
En dépit de l’injonction missionnaire universelle dans [Mat. 28: 19-20], le dialogue interreligieux n’est pas un prosélytisme déguisé. Cela doit être souligné afin de dissiper les craintes que certaines personnes entretiennent à l’égard de cette forme de dialogue. Le dialogue interreligieux est d’abord un témoignage de vie dans la vérité de sa religion, en paroles et en actes. Ainsi, la bonne attitude nécessaire pour entrer en dialogue avec les peuples d’autres religions est celle décrite dans la première lettre de saint Pierre, où le chrétien est exhorté à : « avoir une bonne conduite au milieu des païens afin qu’ils remarquent eux-mêmes vos bonnes œuvres. » [1Pierre. 02:12].
Le document du Vatican II, «Dignitatis Humanae», clarifie le sujet en disant : « Son royaume (Royaume du Christ Jésus), en effet, ne se défend pas par l’épée, mais il s’établit en écoutant la vérité et en lui rendant témoignage, il s’étend grâce à l’amour par lequel le Christ, élevé sur la croix, attire à lui tous les hommes. [Dignitatis Humanae, n. 11].
Cela décrit très justement l’attitude requise de la part de ceux qui s’engagent dans le dialogue interreligieux. C’est une attitude qui découle de la compréhension claire que la racine chrétienne pour le dialogue se trouve dans l’amour universel et inconditionnel du Père pour l’humanité : « … Car Il (le Père) fait lever le soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, et fait tomber la pluie sur les justes et les injustes. » [Mat. 5: 45].
Un tel état d’esprit est aussi attendu de la part des membres d’autres religions engagés dans le dialogue avec les Chrétiens. Les Musulmans, par exemple, peuvent trouver dans le Saint Coran, les principes pour le dialogue interreligieux. Nous lisons dans le Coran : « [Le Prophète] Appelle [les gens] à la façon de ton Seigneur avec sagesse et bon enseignement. Discute avec eux de la manière la plus courtoise, car le Seigneur ton Dieu connaît mieux qui s’est détourné de sa voie et qui est bien guidé. « [Q. 16: 125].
Un autre verset du Coran illustre le même esprit d’ouverture et de témoignage de sa foi : « Il n’y a pas de contrainte en religion. » [Q. 2: 256].
En somme, tandis que les pessimistes peuvent contester la possibilité du dialogue interreligieux, ils ne peuvent pas douter honnêtement des avantages qui en découleront pour les sociétés particulières et le monde en général à la suite du dialogue entre les peuples de différentes confessions. Les atrocités qui sont commises aujourd’hui au nom de la religion vont à l’encontre de l’opinion générale et il est inconcevable de penser que le dialogue interreligieux soit abandonné au profit d’une solution militaire au fléau de l’extrémisme religieux. Dans le même ordre d’idée et, de l’opinion des défenseurs de la paix, le dialogue interreligieux n’est pas une tâche facultative. Il est plutôt un impératif pour une coexistence pacifique dans notre monde d’aujourd’hui marqué par le pluralisme religieux et, pour cette raison, un devoir religieux qui s’imposent à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. En outre, le dialogue interreligieux ne doit pas se limiter à des rencontres nationales et internationales pour des discussions théologiques et doctrinales. Il doit être, d’abord et avant tout, une expérience de la vie quotidienne. Chaque fois et partout où les gens de différentes religions vivent comme voisins, là se trouve l’occasion de commencer à «vivre dans le dialogue».
Isa Saliu







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