L’Église d’Égypte : un visage multiformes

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En Égypte on ne peut que rencontrer des chrétiens fiers et heureux de l’être malgré toutes les persécutions subies dans le courant de l’histoire.
D’abord pour la simple raison que pour eux, ils ont reçu la semence du christianisme du Christ lui-même. En effet, le Christ a, selon la tradition, séjourné dès sa naissance pendant près de trois ans et demi en Égypte. Et cette tradition est confirmée par Saint Mathieu qui signale la fuite de la sainte famille en Égypte dans son évangile : l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte […]» Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte […]. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils (Mt 2, 13 -23). Ensuite, par le fait que L’Église d’Égypte a reçu l’évangile de Saint Marc lui-même qui évangélisa l’Égypte dès les premières lueurs du christianisme sous l’ère apostolique. Enfin, les chrétiens d’Égypte sont fiers que leur pays ait été toujours le refuge pour le peuple élu : d’Abraham, le Père des croyants, en passant par Jacob et son Fils Joseph, jusqu’au Christ lui-même. C’est dire que L’Église d’Égypte dans sa généralité est une Église orientale des plus anciennes qui porte en elle l’histoire du Salut et aussi la tradition du christianisme. Et cette même Église a vu naître l’avènement du monachisme au IIIème siècle dans le désert d’Égypte avec Saint Antoine le Grand, Paul de Thèbes, Pacôme le Grand. C’est ainsi, que s’y développa l’histoire des Pères du désert.

Cette Église nourrie de tant d’histoire est bien diversifiée. Mais de façon générale tous les chrétiens ont un dénominateur commun : ils sont tous des coptes. Dans sa diversité actuelle, nous avons trois grands groupes d’Église copte: les orthodoxes, les catholiques et les protestants.
L’Église copte orthodoxe est la plus importante. Elle fait partie du Conseil Œcuménique des Églises ainsi que du Conseil des Églises du Moyen Orient. Elle est sous la direction du successeur de Saint Marc, Baba Tawadros II. Il porte le titre de pape d’Alexandrie et patriarche de la prédication de Saint Marc. Son siège d’Alexandrie fait partie des cinq sièges papaux avec Rome, Constantinople, Antioche et Jérusalem.
L’Église copte protestante est en pleine effervescence et prend de l’ampleur ces derniers temps. De nouveaux mouvements missionnaires arrivent d’Afrique et d’Asie.
L’Église copte catholique est en communion avec le pape de Rome. Mais cette Église est dans le concert des Églises catholiques orientales, elle a ses propres rites liturgiques orientaux. Les différentes variantes de ces rites sont le copte, le chaldéen, le maronite, l’arménien, le byzantin et le guèze. Ces rites orientaux constituent la diversité de l’Église copte catholique. Dans un sens juridique, ces Églises catholiques orientales sont autonomes de droit propre.
En Égypte, particulièrement, l’Église copte catholique est dominée par le rite copte, on la trouve principalement en Haute-Égypte. Elle est organisée en diocèses connus sous le nom d’éparchies. Le premier responsable de toutes les éparchies d’Afrique est le Patriarche d’Alexandrie, Ibrahim Isaac Sidrak.
C’est dans la diversité de l’Église copte catholique que survit l’Église catholique romaine latine. Aujourd’hui, les latins sont surtout confinés au Caire et à Alexandrie. C’est une Église vivante grâce aux congrégations missionnaires ; certains ne manquent pas de la qualifier d’Église étrangère. En effet, la majorité des latins sont aujourd’hui des Soudanais et de nombreux autres étrangers. Les autochtones sont une minorité fervente avec des sympathisants venants des autres rites qui se considèrent souvent eux-mêmes des latins à part entière en lien avec un arrière parent catholique.
Force est de constater aujourd’hui que L’Église catholique copte a sa notoriété en haute Égypte où certains diocèses manquent de présence missionnaire. C’est le cas pour l’éparchie de Sohag où l’évêque a lancé une invitation pressante à la Société des Missions Africaines, SMA. Ne serait-ce pas pour nous un appel à une nouvelle ouverture missionnaire au service de l’évangile auprès des plus démunis, des plus abandonnés, dans un contexte où le dialogue œcuménique et entre les religions, a expressément besoin d’ouvriers témoins et ce dans un autre rite qui est le copte ? 

P. Jean Paul Silué, SMA

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